Euroforest et Franche-comté Terre de Traits...
… Deux grandes manifestations internationales qui ont mis le cheval de trait à l’honneur
Sans être présents avec une équipe, les adhérents de l’Association « cheval de trait en Ile de France » (ACTIF) se sont retrouvés à St Bonnet-de-Joux en Saône-et-Loire du 17 au 19 juin et à Levier dans le Jura du 20 au 22 août pour ces rencontres européennes qui ont mis en avant les possibilités modernes d’utilisation du cheval de trait. Tout d’abord EUROFOREST à St Bonnet-de-Joux (prés de Charolles)
… 4 journées sous la pluie pour ce grand rassemblement des forestiers d’Europe pour un salon avant tout du machinisme mais qui a permis aux exposants « motorisés » de constater tout l’intérêt du cheval en appui de la machine ; le temps exécrable n’a pas découragé les visiteurs ni, bien sûr, les chevaux et leurs meneurs qui ont pu démontrer que la gadoue n’arrêtait pas nos « tracteurs à 4 sabots » alors qu’elle handicapait fortement nos « chevaux vapeur » !
Le concours européen de débardage à cheval a réuni 30 concurrents travaillant « en simple » ou « en paire ». Ce sont les Belges, avec René Richard et son cheval Marquis, qui ont remporté le challenge en simple ; Frédéric Destailleur, adhérent de l’ACTIF, avec Odilon, un ardennais appartenant à Gilles Marty, se place 10 ème sur 28 mais en 2ème position pour les Français classés.
En ce qui concerne le travail en paire, la palme revient à l’Allemagne avec Anton Laux et ses chevaux Jgnaz et Sliva. Ce n’est pas un hasard si nos amis belges, allemands et norvégiens se placent très bien dans ces épreuves, le débardage avec chevaux étant beaucoup plus développé dans ces pays qu’en France ; « Aujourd’hui, précise Jean Louis Cannelle, président d’Hippotèse, association promotrice de la traction animale, seuls 0,2% des bois sont débardés à cheval en France contre 30% en Wallonie ».
À EUROFOREST on insiste sur le fait que « l’alliance du tracteur et du cheval coûte moins cher à l’exploitant, notamment dans des bois longs » comme le précise un forestier belge.
Qu’en est-il en Île-de-France ? Plusieurs espaces forestiers « sensibles » ont recours au cheval pour du débardage ou du nettoyage ; le travail confié à des débardeurs professionnels, est encadré par l’ONF en lien avec l’Agence des espaces verts Île-de-France et les Conseils généraux. C’est le cas de « l’espace naturel sensible des Bordes Chalonges » ,65 ha de site classé de la vallée du ru d’Ancoeur, prés de Bonbon en Seine-et-Marne. Le Conseil général de ce département, en partenariat avec l’Office National des Forêts et dans la cadre de politique de préservation et de valorisation des espaces naturels sensibles, veut sauvegarder faune et flore de ces milieux par une « exploitation douce » avec le cheval ; c’est dans ce cadre que Frédéric Destailleur et Gilles Marty ont travaillé, en juillet dernier, avec leurs 2 ardennais, Edmond et Odilon, au débardage de 100 stères de bois dans des conditions d’accès très difficiles.
… Puis LEVIER « FRANCHE-COMTÉ TERRE DE TRAITS »
Sur 60 ha « non motorisés » se sont retrouvés pour 4 jours, du 20 au 22 aout, 450 chevaux de trait et 14 équipes internationales dont 7 équipes de race et 7 équipes spéciales ou régionales ; Allemands, Belges et Suisses étaient présents avec leurs races nationales. L’ACTIF, cette année, ne participait pas à la compétition mais une douzaine de ses adhérents étaient présents comme membres ou président de jury ou comme supporters ; plusieurs « villages » dont un « produits-énergie durable ajoutaient un plus aux 16 épreuves auxquelles devaient satisfaire les équipes.
Le routier, d’abord, une épreuve attelée sur routes et chemins, particulièrement difficile, le débardage, la précision maraichage-viticulture, le labour, la course montée et d’autres épreuves plus ludiques comme la course de chars romains qui connait toujours un énorme succès ; beaucoup de matériels modernes étaient présentés pour travaux aratoires, récolte ou entretien ; des démonstrations, auxquelles l’ACTIF a participé, permettaient au public de mieux comprendre le fonctionnement d’outils encore trop rares sur le terrain.
Si la pluie a fait peur au début, le chaud soleil du mois d’août qui lui a succédé a permis aux 40000 visiteurs d’apprécier « le dynamisme et les idées novatrices dont font preuve les professionnels du cheval de trait, notamment en matière de développement durable » comme l’a rappelé Marie GUITE DUFAY , la présidente de la région Franche Comté.
… Enfin toutes nos félicitations à l’équipe belge « Trait d’union » qui est sortie vainqueur de ce challenge international.
Texte et photos : Jean-Michel BESANCENOT - Secrétaire de l’ACTIF |